Article N.9 - Histoire et architecture d’al-Aqsa au fil des dynasties (Partie 1)
Mustapha B.
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PARTIE 1 - De la conquête de ‘Umar aux Abbassides
Note de lecture
Le terme masjid qui se traduit souvent par « mosquée » requiert une précision conceptuelle. Le terme masjid (مسجد) dérive de la racine s-j-d (سجد), qui signifie « se prosterner ». Dans le hadith (narration prophétique) relaté par al-Bukhari et Muslim, le Prophète ﷺ dit :
« La Terre toute entière m'a été donnée comme masjid (lieu de prière) et comme purification et ainsi tout homme de ma communauté qui est atteint par la prière qu'il prie.» [1]
Contrairement au mot bayt qui est lui aussi utilisé dans le Quran pour désigner un bâtiment, le terme masjid ne se réduit pas à une structure physique comme il est courant de nos jours. Tout endroit propre, exempt de souillure, où le musulman peut accomplir la prière est donc considéré comme masjid. Dans le cas d'al-Aqsa, comme dans celui des sanctuaires de La Mecque et de Médine, la mosquée est avant tout un espace sacré délimité de prière où furent ensuite érigés plusieurs bâtiments. Cet article et les suivants ne traiteront pas seulement de la mosquée al-Qibli ou du Dôme du Rocher, mais plutôt de l’ensemble du complexe d’al-Aqsa qui comprend « le plateau originel et l'ensemble de la plateforme étendue par le roi Hérode durant l'Antiquité, sur une superficie totale d'une quinzaine d'hectares, ainsi que tous les édifices qui s'y trouvent : le Dôme du Rocher et la mosquée al-Qibli, bien sûr, mais aussi la mosquée al-Marwâni, les quatorze portes, les quatre minarets et la quarantaine d'autres points de repère, dont quinze dômes, des fontaines à ablutions, un musée et des écoles. » [2]

L'esplanade d'al-Aqsa vue de haut
Les termes utilisés pour désigner l'ensemble mentionné ci-dessus seront : al-Aqsa, l’esplanade d’al-Aqsa, et l'appellation Bayt al-Maqdis, popularisée depuis l'époque omeyyade et maintenue sous les Ottomans. Le terme Haram al-Sharif (le Noble Sanctuaire) ne sera pas utilisé dans ce texte pour éviter toute confusion, malgré la divergence existante sur l’application à al-Aqsa des règles d’une enclave sacrée, telles qu'elles s'appliquent aux mosquées de La Mecque et de Médine.
Enfin, il est important de mentionner les abus du contrôle israélien de l'esplanade, qui est pourtant régie par un statu quo et administrée par le waqf jordanien. Ce cadre garantit aux musulmans l'exclusivité du culte et des rites religieux sur l'ensemble du site. Si les visiteurs d'autres confessions sont admis, toute forme de prière leur est interdite. Bien qu'Israël contrôle les points de sécurité et les accès extérieurs, ce statu quo est systématiquement bafoué année après année.
La pratique de rituels juifs ostensibles est devenue quasi quotidienne sous protection policière, transformant de fait le site en espace de culte partagé (Waqf, 2026). Parallèlement, l'imposition de créneaux horaires réservés aux colons et l'expulsion des fidèles musulmans, notamment le matin, témoignent d'une volonté de fragmenter l'accès au site (AFPS, 2025). Les interventions militaires répétées dégradent le patrimoine (vitraux, céramiques), tandis que les fouilles souterraines menacent la stabilité structurelle des mosquées (UNESCO, 2025). Enfin, les interférences régulières avec l'Adhan, dont le son est coupé ou réduit lors d'événements israéliens, constituent pour l'OCI (2025) une atteinte directe à la souveraineté religieuse du lieu. L’espace de cohabitation, pourtant négocié et couché sur papier, est encore loin de refléter la réalité du terrain
À l’origine d’al-Aqsa
Terre des envoyés, lieu du mi’raj (ascension) du Prophète ﷺ et première qibla, l’importance et la sacralité d’al-Aqsa sont indéniables dans la conscience du musulman. Nommée masjid al-Aqsa, « Mosquée la plus éloignée », en raison de sa distance avec le sanctuaire mecquois, elle est celle dont les alentours sont bénis par le Seigneur.
« Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur [Muhammad ﷺ] de la Mosquée sacrée [à La Mecque] à la Mosquée Al-Aqsa [à Jérusalem] dont Nous avons béni l'alentour, afin de lui montrer certains de Nos signes. » Quran, (Sourate al-Israa:1)
L’origine du lieu sacré et son établissement sur terre fait l'objet d'une divergence parmi les érudits. L’unique hadith du Prophète ﷺ évoquant son édification rapporte qu’elle fut établie 40 ans après masjid al-Haram. [3] À cet égard, selon l’érudit et exégète tunisien ibn ‘Ashûr, masjid al-Aqsa fut initialement édifié par Ibrahim, quarante ans après avoir bâti la Ka'bah à La Mecque. Plusieurs siècles plus tard, l’endroit fut ensuite entretenu par le roi-prophète Dawud, et son fils Suleiman qui y érigera un masjid sur les fondations d’Ibrahim.
Ibn Hajar al-Asqalani, surnommé amir al-mu’minin (prince des croyants) dans la science du hadith, attribue la fondation du lieu sacré à Adam.
« Certains disent que le premier à établir les fondations d'Al-Masjid al-Aqsa a été Adam; d'autres disent qu'il s'agit des Anges, de Nûh ou encore de Dâwud, et je tends vers l'avis de ceux qui affirment qu'il s'agit d'Adam. » [4]
Quoi qu’il en soit, cette terre bénie fut louée par le Prophète ﷺ à maintes reprises, nous exhortant notamment à sa visite et à son entretien. [5] Elle a vu naître en son sein des prophètes, des messagers, mais a aussi accueilli des savants à l’image du juriste Abu Hamid al-Ghazali qui y trouva refuge pour y rédiger son œuvre Ihyaa ‘Ulum al-Dîn (La revivification des sciences de la religion). D’autres, le sabre à la main, l’ont défendue et protégée; de la conquête sous les ordres du calife ‘Umar ibn al-Khattab aux Ottomans, en passant par les Omeyyades, les Abbassides, les Ayyoubides et les Mamelouks, de nombreuses dynasties se sont partagé les clés du site sacré.
Autrefois profanée par la « furie sanguinaire des croisés », aujourd’hui par la colonisation sioniste, al-Aqsa demeure malgré tout « un musée à ciel ouvert d’architecture islamique qui fait honneur à l'extraordinaire talent des artisans qui l’ont façonné au fil des siècles ». [6] La première partie de cet article traitera de l'évolution architecturale et historique, au fil des siècles, des différentes structures du complexe que l'on nomme masjid al-Aqsa, établies depuis la conquête du calife ‘Umar jusqu'au règne des Abbassides qui prendra fin vers le début du Xe siècle.
La conquête de Jérusalem par ‘Umar ibn al-Khattab
En 637, après quatre longs mois passés sous les murs de Jérusalem, le siège mené par les hommes du commandant ‘Amr ibn al-‘As finit par porter ses fruits. Le patriarche Sophrone accepte de recevoir l’émissaire Abu ‘Ubayda et consent enfin à livrer la ville aux musulmans. Seule condition, le calife et compagnon du Prophète ﷺ, ‘Umar ibn al-Khattab, doit se déplacer de la ville médinoise pour garantir les termes de la reddition de la ville sainte. Après avoir consulté son majlis al-shura (conseil consultatif) à Médine, le calife prend la route vers la Palestine. À Jâbiyya, en présence des représentants du patriarche byzantin, ‘Umar signe le pacte de reddition de la cité, puis gagne Jérusalem pour recevoir les clés de la ville sainte. Une fois à l'intérieur, une délégation guide le calife à travers la ville.
Mais devant l’ancien temple de Suleyman — lieu de l’ascension nocturne du Messager et emplacement de la mosquée al-Aqsa — ‘Umar est saisi de colère. Le site a été laissé à l’abandon par les Byzantins. Pire encore, l’Église et les autorités locales l’ont transformé en décharge publique. L'empereur Héraclius aurait même ordonné d'y détourner les eaux usées des environs. Devant cette scène, ‘Umar et ses compagnons décident de nettoyer les lieux. Une fois l’esplanade purifiée, le calife consulte Ka’b al-Ahbar, un savant d'origine juive converti à l’islam, sur l’emplacement idéal pour la prière.
Ka’b suggère d’établir la mosquée au nord de la plateforme, derrière le Rocher, afin de faire face simultanément à La Mecque et à l’ancien « Saint des Saints » du Temple. [7] ‘Umar refuse, craignant que les musulmans ne finissent par sacraliser le Rocher lui-même. Il décide alors de s'installer au sud de l’esplanade, afin de ne s'orienter que vers la Ka'bah. [8] Ainsi, la première mosquée édifiée sur le site d’al-Aqsa est décrite par Arculf, un évêque en pèlerinage dans la ville sainte, comme une austère structure en pierres et en bois pouvant accueillir environ 3 000 fidèles. [9] Mesurant trente mètres par huit, son architecture initiale serait inspirée de la Mosquée du Prophète à Médine.

Plan de la mosquée prophétique à Médine
Le joyaux des Omeyyades
Si l’esplanade d’al-Aqsa ne fut que très peu développée durant les califats de ‘Uthman ibn ‘Affân (644 à 656) et de ‘Ali ibn Abi Talib (656 à 661), les Omeyyades y établirent leur capitale administrative, à l’image de Mu’awiya (661-680) et de ‘Abd al-Malik (685-705) qui y reçurent la bay’a (serment d'allégeance). Simple volonté de se détacher de leurs rivaux politiques installés à La Mecque et à Koufa ? Difficile à affirmer. La famille des Banu Umayya participera, malgré tout, au développement de la ville sainte et fera édifier les principaux bâtiments qui occupent l’esplanade.
Le calife ‘Abd al-Malik, devant le contraste offert par les églises byzantines et le mépris des chrétiens de la ville face à la modeste mosquée de ‘Umar, décide la construction du Dôme du Rocher. En 688 débute la construction du premier grand monument architectural du monde islamique encore préservé de nos jours. Dans une optique à l’opposé de l’austérité et de l’ascétisme de la mosquée de ‘Umar, le calife ‘Abd al-Malik mobilisera architectes, ingénieurs et artisans, ainsi que l’équivalent de sept années de revenus fiscaux égyptiens — soit environ 15 000 000 de dinars — pour ériger ce qui montrera la grandeur de l'Islam à quiconque visite Jérusalem. [10]
La nouvelle prouesse architecturale de la maison omeyyade ne se veut pas être une mosquée, mais plutôt un sanctuaire construit autour du « Rocher Sacré », lieu de l’ascension du Prophète ﷺ aux sept cieux. Rajâ ibn Haywa et Yazid ibn Salam supervisent donc la construction de ce sanctuaire. Sa structure adopte un plan octogonal et se compose d'un dôme en bois mesurant 20,44 mètres de diamètre, posé sur un tambour élevé, ainsi que de quatre piliers et douze colonnes disposés en cercle. Ce cercle est placé au centre d'un grand octogone de 20,60 mètres de côté en moyenne, formé par huit murs. On y trouve une porte de 2,60 mètres de large et 4,30 mètres de haut sur chacun des quatre côtés de l'octogone faisant face aux quatre points cardinaux.
Les colonnades sont revêtues de marbre sur leurs registres inférieurs, tandis que leurs registres supérieurs sont ornés de mosaïques. Des couronnes byzantines et sassanides au milieu de motifs végétaux sont également visibles. Selon l’historien Creswell, l'espace entre l'octogone et le cercle est suffisant pour effectuer le pèlerinage, ce qui appuie l’étrange point de vue d'al-Ya'qubi. [11] Creswell ajoute qu'un octogone intermédiaire, composé de vingt-quatre arches, repose sur huit piliers et seize colonnes. L'intérieur était éclairé par cinquante-six fenêtres : cinq sur chaque face de l'octogone et seize dans le tambour du dôme.
Le dôme se voit couvert d’inscriptions en calligraphie arabe, à l’instar d’autres édifices dans le monde musulman, notamment de versets du Coran sur l’histoire de Maryam (Marie) et d’autres réfutant la trinité. La couleur dorée du dôme et des quatre portes proviendrait d’une étonnante anecdote. En effet, le calife, réalisant qu’il y avait 100 000 dinars de surplus à la fin des travaux, voulut récompenser les deux hommes à l’origine de l’édifice : Rajâ ibn Haywa et Yazid ibn Salam. Ces derniers, par piété ou par gêne, refusèrent l’argent et exhortèrent le calife à le dépenser là où il le désirait. Le calife ordonna donc de faire fondre les 100 000 dinars d’or et d'en recouvrir le dôme ainsi que les portes, ce qui leur donna cette iconique couleur dorée. [12]

Vue sur le dôme du rocher
Un peu plus tard en 709, dans la même logique d’affirmer la présence de l'Islam dans la ville sainte, c’est le calife 'Abd al-Malik ibn Marwan et ensuite son fils al-Walid (705-715) qui agrandiront la modeste mosquée de Umar. Cette dernière devient donc une composante de la grande mosquée al-Qibli que l'on connaît aujourd’hui (figure). Les Banu Umayya édifièrent un bâtiment de 80 mètres de long sur 55 mètres de large, surmonté d'un toit en briques et d'un imposant dôme marquant le centre de la nef axiale. L'intérieur était tapissé de mosaïques de verre à fond d'or et de revêtements de marbre précieux sur les murs et les colonnes. L'édifice comptait alors quinze nefs perpendiculaires au mur de la qibla : sept de chaque côté d'une nef centrale majestueuse. Cette dernière, plus haute et plus large que les autres, constituait l'axe principal menant directement au mihrab (niche de prière).

Mosquée al-Qibli qui inclut l'ancienne mosquée de 'Umar
Al-Aqsa aux mains des Abbassides
C’est en 750 qu’a eu lieu la bataille du Grand Zab qui oppose les Omeyyades aux Abbassides. Les descendants d’al-’Abbas sortent vainqueurs de l’affrontement et lancent une purge contre la famille omeyyade, alors pourchassée aux quatre coins de l’empire. Petit à petit, les différentes provinces sont conquises et intégrées au nouveau dar al-Islam (territoire sous juridiction islamique) des étandards noires abassides.
Les Abbassides n'accordèrent pas une importance aussi notoire à al-Quds que leurs prédécesseurs omeyyades. Occupés par les chantiers majeurs en Irak, notamment au bord du fleuve du Tigre où se construit leur nouvelle capitale Bagdad, al-Aqsa sera néanmoins entretenue par les autorités et les différents waqfs (fondations pieuses).
Après un séisme dévastateur qui frappe Jérusalem en 746 et endommage une partie du Dôme du Rocher, la mosquée al-Qibli et le palais omeyyade, le calife al-Mansur (754-775) se charge de la rénovation des différents lieux. Il ordonnera que l'on fasse fondre les portes en or de la mosquée al-Qibli pour financer les travaux post-séisme sur l’esplanade. La mosquée fut aussi rénovée par le calife Abu Ja’far (714-775), tout comme Al-Mahdi (775-785) le fera plus tard en la dotant d’un nouveau dôme majestueux. Al-Ma'mun (813-833) reconstruira, quant à lui, le corridor central, tandis que le gouverneur Abd Allah ibn Tahir y installera un portique. Sous le règne d’al-Muqtadir (908-932), c'est sa mère qui ordonnera la construction de portes en bois pour le Dôme du Rocher et d’une partie du toit du dôme.
La fin du règne omeyyade sur la ville sainte ainsi que la période abbasside seront marquées aussi par l’omniprésence de soufis au sein de l’esplanade. En effet, pour les soufis, l'esplanade d'Al-Aqsa a une symbolique bien profonde : elle représente le seuil de l'ascension spirituelle, faisant écho au Mi’raj (voyage céleste) du Prophète ﷺ. C'est un lieu de retraite et de détachement où le monde matériel s'efface devant la quête de la Présence Divine. Cette symbolique spirituelle voit un afflux de pèlerins considérable occuper l’esplanade. Au-dessus de Bab al-Rahma (la Porte de la Miséricorde), une première khanqah (couvent) est fondée pour accueillir les pèlerins qui entament leur pèlerinage vers la Mecque depuis al-Quds. D’autres portes menant à l’esplanade se voient attribuer une symbolique religieuse, telle la Porte du Prophète ﷺ, par laquelle il serait entré sur l'esplanade durant son Voyage nocturne, ou bien Bab as-Sakina et Bab al-Hutta, liées à l’histoire des Fils d’Israël.
Une multitude de dômes et d'oratoires voient le jour où sont entretenus des lieux de prière et des mihrabs. Bien que les lieux de ces « sanctuaires de mémoire » soient bien souvent jugés inauthentiques par les savants de la Loi, les événements se sont bel et bien produits sur l'esplanade d’al-Aqsa, cependant leur exact emplacement reste débattable.
Autres composantes durant les règnes omeyyade et abbasside
Le Dôme du prophète
Initialement construit à l’époque omeyyade, le Dôme du Prophète est un sanctuaire construit à l’endroit où le Prophète ﷺ aurait mené la prière accompagné de tous les prophètes et messagers durant son ascension nocturne. La forme actuelle est celle donnée par le gouverneur ottoman Muhammad Bek qui a rebâti l’espace en 1539 après que les Croisés l'eurent détruit. La structure est donc composée d’un dôme recouvert de feuilles de plomb dont le sommet est orné d’une lanterne en forme de croissant. Le dôme repose sur une base octogonale soutenue par huit colonnes de marbre dénuées de murs latéraux. Au sol, un musallah (espace de prière) en pierres colorées délimite l'espace.

Le Dôme de l’ascension
Situé près de l’imposant Dôme du Rocher, le Dôme de l'Ascension aurait été érigé pour commémorer l'ascension du Prophète ﷺ vers les cieux. La structure initiale fut construite durant le règne des Omeyyades ; cependant, le dôme fut rénové par le prince ‘Izz ad-Din Usman ibn Al-Zanjabili, gouverneur de Jérusalem, sous le règne du roi ayyoubide al-’Adel (1145-1218), qui lui donnera la forme que l’on connaît aujourd’hui.
Le dôme présente une forme octogonale reposant sur 30 colonnes de marbre dont les entrecolonnements étaient autrefois ouverts, mais furent scellés avec des dalles de marbre durant l’une de ses rénovations. Au-dessus du dôme principal, on retrouve un second dôme au sommet, et l’intérieur de la structure est composé d’un mihrab orienté vers la qibla.

Le Dôme de la chaîne
Érigé en 691 par le calife omeyyade Abd al-Malik, le Dôme de la Chaîne tire son nom d'une ancienne légende liée au règne du roi-prophète Suleyman. Sa fonction exacte demeure débattue entre les historiens, oscillant entre un rôle de trésorerie ou de prototype architectural pour le Dôme du Rocher. L’édifice a conservé son design original malgré des rénovations majeures dans les années 1970.
Sur le plan structurel, ce monument de 14 mètres de diamètre se distingue par son absence de murs latéraux, offrant une silhouette entièrement ouverte. Son architecture repose sur deux arcades totalisant 17 colonnes. Une arcade intérieure de 6 colonnes soutenant un tambour hexagonal et un dôme en bois et une arcade extérieure formant un polygone à 11 côtés composent l'édifice. L'ensemble est complété par un mur de la qibla abritant un mihrab encadré de deux petites colonnes.

Sur le plan politique, dès le début du IXe siècle, le califat abbasside entama son déclin. Des figures tentèrent de se tailler une place au sein des territoires califaux, tel qu’Ahmad ibn Tulun. À l’origine gouverneur d’Égypte au sein du califat abbasside, il déclara son autonomie et fonda les bases de la dynastie toulounide qui régnera de 868 à 905 sur l’Égypte et qui poussera son empire au-delà du Nil. D’autres dynasties autonomes ou semi-autonomes régneront sur al-Quds jusqu’à l’arrivée des chiites fatimides en 969.
Notes de bas de page
[1] Sahih Muslim (n°523) et Sahih al-Bukhari (n°335)
[2] ‘Issa Meyer, Le petit roman d'Al-Quds
[3] Sahih al-Bukhari (n° 3366)
[4] Ibn Hajar al-'Asqalani, 'Fath al-Bari'
[5] Abu Dawud (n° 457)
[6] ‘Issa Meyer, Le petit roman d'Al-Quds
[7] Dans la tradition juive le Saint des Saints était la pièce la plus sacrée du Temple de Jérusalem, située au centre de l'édifice, où l'on conservait l'Arche de l'Alliance
[8] L’histoire est rapporté en détail dans les Chroniques d’al-Tabari
[9] ‘Issa Meyer, Le petit roman d'Al-Quds
[10] Al-Ratrout, The architectural development of Al-Aqsa Mosque in Islamic Jerusalem in the early Islamic period
Médiagraphie
Al-Farani, A. A.-H. J. (s. d.). Al-Masjid al-Aqsa mundhu qiyam al-khilafa al-abbasiyya hatta al-ghazw al-salibi (132-492H / 750-1099M) [La mosquée Al-Aqsa de la période abbasside jusqu'aux Croisades : une étude architecturale descriptive]. Université islamique de Gaza.
Al-Ratrout, H. F. (2002). The architectural development of Al-Aqsa Mosque in Islamic Jerusalem in the early Islamic period [Thèse de doctorat, University of Strathclyde]. University of Strathclyde Institutional Repository.
Al-Tabari, M. Les Chroniques de Tabari (Histoire des prophètes et des rois). Éditions Al-Bustan.
Art of the Middle Ages. (s. d.). Al-Aqsa Mosque. https://artofthemiddleages.com/s/main/item/3920
Association France Palestine Solidarité (AFPS). (2025). Rapport sur les restrictions d'accès et la fragmentation de l'esplanade des Mosquées. https://www.france-palestine.org
Britannica, T. Editors of Encyclopaedia. (2024, 21 février). Al-Aqsa Mosque. Encyclopedia Britannica. https://www.britannica.com/topic/Al-Aqsa-Mosque
Ghosheh, M. H. (2005). Guide to the Masjid al-Aqsa: An architectural and historical guide to the Islamic monuments in the Masjid al-Aqsa (R. Schick, Trad.). Center for Heritage and Islamic Research.
Meyer, I. (2021). Le petit roman d’Al-Quds : Jérusalem en Islâm. Éditions Ribât.
Organisation de la Coopération Islamique (OCI). (2025). Rapport annuel sur les violations des libertés religieuses à Al-Quds Al-Sharif. Secrétariat général de l'OCI.
UNESCO. (2025). État de conservation de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts : Rapport de suivi technique sur l'intégrité structurelle des monuments. Centre du patrimoine mondial.
Waqf Islamique de Jérusalem. (2026). Observations sur l'évolution du Statu Quo et les rituels sur le site de la Mosquée Al-Aqsa. Direction des Affaires de Jérusalem


